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Le "porno de la mairie", info ou intox?

Coup de théâtre au démarrage du conseil municipal de vendredi 27 juin: le maire annonce qu'un film "porno soft" a été tourné en mairie par un ancien maire-adjoint, Julien Richard, avec la complicité de l'ex-maire Pietrasanta (!) Quelques brèves images d'une bande-annonce (qui ne montre pas réellement des séquences pornographiques mais simplement une femme "topless" dans une chambre d'hotel) sont même diffusées.

La majorité UMP crie au scandale, l'opposition réfute mais le micro de l'ancien maire est rapidement coupé. S.Pietrasanta a juste le temps d'expliquer qu'à sa connaissance ce film ne contient aucune pornographie d'aucune sorte et que son casting comporte d'ailleurs un maire-adjoint à la culture (UMP) d'une ville voisine, honorablement connu, dans l'un des rôles principaux.

S'ensuivent des messages d'insultes envers J.Richard sur les réseaux sociaux dénonçant ce soi-disant "film porno", "tourné sur fonds publics" selon certains. Alors que la rumeur tourne en boucle depuis le conseil municipal Julien Richard dément vigoureusement et annonce une prochaine plainte en Justice. Qu'en est-il?

Nous l'avons interrogé, ainsi que le président de l'association asniéroise à l'origine du tournage. Voici tous les élements d'information sur cette nouvelle affaire passablement surréaliste!

Un film a-t-il été tourné en mairie?

Non pas un film entier, mais un court-métrage, sorte de bande annonce de 4 mn (teaser) préfigurant un futur long-métrage. Julien Richard et F.Colson recherchent pour le moment le financement nécessaire pour concrétiser ce projet, notamment via des sites de crowdfunding (financement participatif).

Cette vidéo, projetée partiellement par le maire lors du conseil municipal, est visible sur internet: https://vimeo.com/95471668

Il faut savoir que des films sont régulièrement tournés en mairie, soit des films commerciaux (location à titre payant) soit des productions associatives, courts métrages par exemple (à titre gracieux).

S'agit-il d'un film X?

Bien sur que non. Manuel Aeschlimann a joué d'une ambiguité dans le résumé de l'histoire du film, afin de présenter publiquement cette oeuvre comme pornographique.

Ce film est une comédie mordante qui narre, sur un ton décalé (un peu à la manière d'un PULP FICTION de Tarantino) les aventures de deux soeurs tombées aux mains de la mafia. L'une est contrainte de devenir star de films X alors que sa soeur s'évade et cherche à la sauver des griffes de la mafia. Parallèlement une candidate d'extrême-droite fait campagne électorale à la tête d'une milice fasciste et s'attaque dans un premier temps à la mafia, avant de se réconcilier autour d'un gigantesque pot de vin.

Cette comédie aborde donc principalement le thème de la corruption, mais aussi de manière indirecte et secondaire le thème de l amafia et du "porno", pour le dénoncer puisque ce sont les méchants du film qui s'y adonnent.

Le court-métrage ne comporte aucune séquence pornographique. Deux images de quelques secondes montrent deux jeunes filles sur un lit, en strings. Ces images, filmées à travers un écran de TV, évoquent l'univers des films pour adultes afin de présenter le "méchant" du film, le parrain de la mafia.

Selon le réalisateur, outre cette vidéo "teaser", le scénario du film long-métrage en projet ne comporte pas non plus de scène de type "X". Selon l'asociation, prétendre le contraire relèverait de la diffamation et de la manipulation pure et simple. Le film est d'ailleurs prévu pour un classement " déconseillé moins de 10 ans" ou "déconseillé moins de 12 ans", ce qui est comparable à une série tv américaine.

Les deux images de filles en string ont-elles été tournées en mairie?

Le maire Aeschlimann tente de faire croire que des comédiennes en tenues légères sont venues tourner en Salle des mariages de la mairie d'Asnières, mais il n'en est rien. En effet, selon le réalisateur ces images proviennent d'une banque d'image étrangère et on été d'ailleurs ajoutées au dernier moment dans le montage. N'importe qui peut le constater en visionnant ces brèves images, il ne s'agit pas de l'Hotel de Ville (malgré l'effet "téléviseur" appliqué à l'image, qui la rend assez abstraite, on distingue néanmoins une chambre et un lit: il n'y a pas cela en Salle des mariages!)

Un possible favoritisme?

Le maire Aeschlimann évoque à mots couverts un suposé favoritisme puisque les locaux ont été mis à disposition de l'association 2 jours à titre gracieux. Il faut savoir que cela est habituel concernant des tournages de formats courts, par des associations asniéroises, à but non lucratif, ce qui est le cas. Précisons que Julien Richard n'est pas -et n'était pas au moment du tournage - président de cette association.

Il n'y a donc eu aucun favoritisme ni caractère exceptionnel à cette mise à disposition, qui par ailleurs s'est effectuée sans aucune réservation de voirie (qui elle, aurait été tarifée si elle avait été demandée).

Comme de coutume, les services municipaux avaient invité, à titre facultatif, l'association à verser une somme de son choix aux oeuvres sociales municipales, ce qu'elle s'est engagée à faire sitôt le budget du long-métrage effectivement réuni.

Le fait que le réalisateur du film soit un ex-élu PS ne change donc strictement rien à cette affaire qui ne comporte aucun aspect illégal, comme on le voit.

Les répercussions...

Cette pseudo-affaire, relayée par les partisans du maire actuel sur les réseaux sociaux, est évidemment d enature à porter gravement préjudice à de nombreuses personnes qui se voient accusées de travailler dans un film pornographique!

A ce propos, nous publions un communiqué paru sur le facebook du réalisateur:

"Toute l'équipe du film, comédiens et techniciens ayant oeuvré sur le court métrage "teaser" de la comédie KORRUPTION, s'associe à moi pour déplorer cette manipulation scandaleuse orchestrée à des fins politiciennes évidentes. Notre film n'évoque en rien la politique asniéroise. Evidemment, il n'est en rien pornographique. Cette rumeur malveillante est de nature à porter préjudice à nos carrières professionnelles et nos réputations. La Justice sera donc saisie pour faire valoir nos droits dans cette triste affaire."

Julien Richard et F.Colson ajoutent: "cette polémique est d'autant plus invraisemblable et incohérente que notre histoire dénonce justement l'industrie du porno,à travers le prisme de la corruption..." En effet, le scénario aurait presque pu être signé par un élu "Manif Pour Tous" de la majorité de M.Aeschlimann puisqu'au final, très moral!

Nous ajoutons que ce n'est pas la première fois que Manuel Aeschlimann tente de salir ses opposants en mettant en place de vastes manipulations. Il suffit de lire notre blog pour le constater, le maire d'Asnières est passé maître dans l'art de l'intox et du hoax. Dans le même conseil municipal, il a aussi accusé implicitement les élus PS d'avoir volé des bicyclettes appartenant à la ville ! (après avoir déjà accusé les élus sortants d'avoir volé des disques durs ordinateurs...quelle sera la prochaine accusation farfelue?)

En remontant plus loin en arrière, on se souvient que M.Aeschlimann avait accusé l'un de ses maires-adjoints (qui menaçait de faire dissidence) d'organiser des rituels et des messes noires à l'Hôtel de Ville !

La devise, bien connue, de Manuel Aeschlimann étant "plus c'est gros plus ça passe" on attend (avec consternation) les prochaines attaques fantaisistes qui hélas devraient survenir encore, M.Aeschlimann disposant désormais des moyens de communication municipale.

La salle du conseil transformée en salle de tribunal pour les besoins du court-métrage.

La salle du conseil transformée en salle de tribunal pour les besoins du court-métrage.

Contrairement aux affirmations de personnes mal intentionnées, aucune scène scabreuse n'a été tournée à la mairie...

Contrairement aux affirmations de personnes mal intentionnées, aucune scène scabreuse n'a été tournée à la mairie...

Le "porno de la mairie", info ou intox?

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